Le Syndrome Naviculaire chez le Cheval

par Elodie

Le syndrome naviculaire chez le cheval est un trouble affectant les structures autour de l’os naviculaire, souvent causé par une surcharge mécanique. Les symptômes incluent une boiterie et une sensibilité dans la région du talon. Le diagnostic repose sur un examen vétérinaire détaillé et des radiographies. Les traitements varient de la gestion non chirurgicale, comme les modifications de ferrure, les anti-inflammatoires et l’ostéopathie animale, à la chirurgie dans les cas graves. La prévention passe par une bonne gestion des conditions de travail, des soins des pieds et des séances d’ostéopathie régulières. Une approche intégrée est essentielle pour gérer cette condition et assurer le bien-être du cheval.

Introduction

Le syndrome naviculaire chez le cheval, également connu sous le nom de syndrome podo-trochléaire, est un trouble musculo-squelettique affectant les chevaux de toutes disciplines. Ce syndrome naviculaire du cheval peut entraîner une boiterie sévère et affecter sa performance. Dans cet article, nous explorerons en détail les causes, les symptômes, les options de traitement, et l’importance de l’ostéopathie animale pour ce problème courant chez les chevaux.

Définition et structures impliquées

Le syndrome naviculaire, ou syndrome podo-trochléaire, est une maladie dégénérative complexe qui affecte l’appareil podo-trochléaire du pied du cheval. Cette affection se caractérise par des lésions touchant l’os naviculaire et les structures environnantes, notamment les tendons, les ligaments et la bourse podo-trochléaire. L’os naviculaire, également appelé os sésamoïdien distal, est situé entre la deuxième et la troisième phalange du pied du cheval.

Les structures impliquées :

  1. L’os naviculaire : Un petit os situé entre la deuxième (os médian) et la troisième phalange (os distal). Il joue un rôle crucial dans l’absorption des chocs et la distribution des forces exercées lors des mouvements du cheval.
  2. Le tendon fléchisseur profond du doigt : Ce tendon passe sur l’os naviculaire et permet la flexion de l’articulation du pied. Il subit une tension considérable, surtout lors de l’effort.
  3. Les ligaments : Les ligaments relient l’os naviculaire aux phalanges environnantes, assurant la stabilité de l’articulation.
  4. La bourse podo-trochléaire : Une poche contenant du liquide synovial, située entre le tendon fléchisseur profond et l’os naviculaire. Elle permet de réduire la friction entre ces structures.

 

anatomie du pied d'un cheval
ⓒ Clinique Vétérinaire de l’Aérodrome.

Les causes du syndrome naviculaire chez le cheval

Le syndrome naviculaire chez le cheval peut être attribué à plusieurs facteurs. L’un des principaux est la surcharge mécanique sur l’os naviculaire et les structures associées. Les chevaux travaillant sur des surfaces dures ou inégales sont particulièrement à risque. De plus, des anomalies de la conformation du pied, telles qu’un petit sabot ou un angle palmaire faible, peuvent également contribuer à ce syndrome. Des facteurs génétiques peuvent également jouer un rôle, certaines races étant plus prédisposées que d’autres.

Les mécanismes pathologiques

Le syndrome naviculaire se développe en raison de la dégénérescence des structures de l’appareil podo-trochléaire, souvent en réponse à des contraintes mécaniques excessives. Voici les principales pathologies observées :

  1. Fracture de l’os naviculaire : Les fractures peuvent se produire à la suite de stress répétitifs ou de traumatismes aigus.
  2. Ostéolyse : La destruction du tissu osseux de l’os naviculaire due à des processus dégénératifs ou inflammatoires.
  3. Sclérose : L’épaississement et le durcissement de l’os naviculaire, souvent en réponse à une surcharge mécanique chronique.
  4. Présence d’ostéophytes : Formation d’excroissances osseuses sur la surface de l’os naviculaire.
  5. Tendinite : Inflammation du tendon fléchisseur profond en raison de l’usure excessive ou des microtraumatismes répétés.
  6. Bursite : Inflammation de la bourse podo-trochléaire, souvent liée à une friction excessive entre le tendon et l’os naviculaire.
  7. Desmite : Inflammation des ligaments, pouvant entraîner des cicatrisations osseuses au niveau de leur attachement à l’os (enthésophytes).

Les symptômes du syndrome naviculaire chez le cheval

Les symptômes du syndrome naviculaire chez le cheval incluent généralement une boiterie intermittente, souvent plus prononcée après un travail intense. La boiterie devient plus apparente sur des surfaces dures et lors de travail sur le cercle du côté du membre douloureux (par exemple, un cheval avec une douleur à l’antérieur droit boitera davantage à main droite).

Cette affection touche souvent les membres antérieurs, pouvant affecter un seul membre (unilatérale) ou les deux membres antérieurs (bilatérale). Le cheval peut montrer des signes de douleur lorsqu’on touche la région du talon et peut adopter une posture antalgique, avançant le membre affecté (protraction) pour soulager la douleur. En cas de problème chronique, une atrophie du pied peut survenir, rendant le pied plus haut, plus vertical et plus étroit.

D’autres indicateurs courants comprennent une diminution de la performance, une réticence à tourner serré, et des allures devenant plus courtes, surtout lors de la phase postérieure de la foulée. Parfois, le cheval peut se tenir sur la pointe des pieds pour soulager la douleur. Des changements de comportement, tels qu’une agressivité accrue ou une réticence à se déplacer, peuvent également être observés.

Les caractéristiques de la boiterie dépendent des structures touchées : une lésion de l’os naviculaire provoque une boiterie plus marquée sur sol dur, tandis qu’une lésion des tissus mous cause une boiterie plus intense sur sol mou et après un échauffement.

Le diagnostic du syndrome naviculaire chez le cheval

Le diagnostic du syndrome naviculaire chez le cheval repose sur plusieurs méthodes complémentaires :

– Examen clinique :

  • Examen statique : Observation du cheval au repos pour détecter des signes visibles comme une posture antalgique ou une atrophie du pied.
  • Examen dynamique : Observation des allures du cheval en mouvement pour identifier la boiterie et évaluer la gravité de la condition.

– Test de la planche : Ce test consiste à poser le pied du cheval à l’extrémité d’une planche et à faire soutenir l’autre antérieur par un assistant. La planche est ensuite soulevée pour mettre en tension l’appareil podo-trochléaire. Les signes de douleur (lever l’encolure, trembler, sauter) sont observés. Bien que révélateur, ce test doit être complété par d’autres méthodes diagnostiques.

– Anesthésie diagnostique : Une anesthésie locale de la partie distale du pied peut confirmer la source de la douleur. Si la locomotion s’améliore, la douleur est localisée dans cette zone, mais cela ne confirme pas à lui seul un syndrome naviculaire.

– Radiographies : Elles permettent de visualiser les modifications osseuses (fractures, ostéolyse, sclérose, ostéophytes) et sont essentielles pour évaluer l’état de l’os naviculaire.

– Échographie : Utilisée pour examiner les tissus mous (tendons, ligaments) autour de l’os naviculaire, elle aide à détecter des inflammations ou des lésions.

– IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : L’IRM offre une vue détaillée des structures osseuses et des tissus mous, étant l’examen de choix pour un diagnostic complet et précis. Bien que coûteuse, elle est extrêmement utile pour un diagnostic définitif.

En combinant ces méthodes, les vétérinaires peuvent confirmer la présence du syndrome naviculaire et déterminer la gravité des lésions, permettant ainsi d’élaborer un plan de traitement efficace.

 

test de la planche pour détecter le sydrome naviculaire du cheval
Test de la planche, ⓒ La Clinique du Cheval.

 

Les traitements du syndrome naviculaire chez le cheval

Le traitement du syndrome naviculaire chez le cheval est variable selon la sévérité des signes cliniques, les structures touchées, les lésions observées, ainsi que la charge de travail demandée au cheval. L’objectif principal est de soulager la douleur et d’améliorer la qualité de vie du cheval, bien que cette affection dégénérative ne puisse pas être guérie et tende à s’aggraver avec le temps.

Lors de boiterie intense, le cheval est souvent mis au repos au pré pour permettre la diminution de l’inflammation des tissus mous et/ou le remodelage de l’os.

– Ferrures adaptées

L’utilisation de ferrures adaptées est cruciale pour réduire la tension sur l’appareil podo-trochléaire. Les ferrures favorisent le départ du pied en diminuant la couverture du fer en pince et en augmentant le « rolling » (biseautage du fer). Elles soutiennent également les talons en augmentant la surface d’appui.

– Traitements médicaux et complémentaires

Les traitements non chirurgicaux incluent également l’utilisation d’anti-inflammatoires pour réduire la douleur et l’inflammation. Les traitements complémentaires, tels que la physiothérapie et les thérapies par ondes de choc, peuvent également être bénéfiques.

L’ostéopathie équine joue un rôle essentiel dans le traitement du syndrome naviculaire. En rétablissant l’équilibre musculo-squelettique et en améliorant la mobilité des articulations, l’ostéopathie peut aider à réduire la douleur et à améliorer la performance globale du cheval. Une approche ostéopathique permet d’identifier et de traiter les déséquilibres fonctionnels avant qu’ils ne deviennent problématiques.

– Interventions chirurgicales

Dans les cas plus graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Les options incluent :

  • Neurectomie : Section des nerfs pour réduire la sensation de douleur.
  • Décompression de la bourse naviculaire : Pour soulager la pression et la douleur dans la région affectée.

La rééducation et la gestion à long terme sont cruciales pour prévenir les récidives. Un suivi régulier avec le vétérinaire est recommandé pour ajuster le traitement en fonction de l’évolution de la condition.

Prévention du syndrome naviculaire chez le cheval

La prévention du syndrome naviculaire chez le cheval repose sur une gestion rigoureuse des conditions de travail et de l’entretien des pieds. Assurez-vous que votre cheval travaille sur des surfaces appropriées et que ses sabots sont correctement parés et ferrés. Une alimentation équilibrée et un programme d’exercice adapté contribuent également à la santé des pieds du cheval.

L’ostéopathie animale peut également jouer un rôle préventif en identifiant et en corrigeant les déséquilibres avant qu’ils ne deviennent problématiques. Il est important de surveiller régulièrement l’état des sabots et de consulter un maréchal-ferrant expérimenté pour les soins appropriés. Une bonne gestion du poids du cheval peut également réduire le stress sur les pieds.

Conclusion

Le syndrome naviculaire chez le cheval est une condition complexe nécessitant une gestion attentive. En comprenant les causes, les symptômes, les traitements disponibles et l’importance de l’ostéopathie animale, les propriétaires de chevaux peuvent prendre des mesures proactives pour assurer la santé et le bien-être de leurs animaux. Une approche intégrée, combinant soins vétérinaires, modifications de ferrure, sessions d’ostéopathie et gestion des conditions de travail, est essentielle pour minimiser l’impact de cette affection sur la vie du cheval.

 

 

FAQs

 

  1. Quels chevaux sont les plus à risque ? Les chevaux de sport, comme ceux utilisés pour le saut d’obstacles ou le dressage, et ceux travaillant sur des surfaces dures sont particulièrement à risque. Les races ayant une conformation spécifique du pied, comme les Quarter Horses, peuvent également être plus susceptibles.
  2. Quels sont les premiers signes du syndrome naviculaire ? Les premiers signes incluent une boiterie intermittente, une sensibilité dans la région du talon, et une diminution de la performance. Le cheval peut également montrer une réticence à tourner serré ou à se déplacer rapidement.
  3. Peut-on prévenir le syndrome naviculaire ? Oui, une bonne gestion des conditions de travail, de l’entretien des sabots et une surveillance régulière peuvent aider à prévenir cette condition. L’utilisation de surfaces de travail appropriées, un programme de ferrage régulier et des séances d’ostéopathie régulières sont essentiels.
  4. Quelle est l’importance des ferrures adaptées ? Des ferrures adaptées peuvent redistribuer la pression sur le pied et réduire la douleur. Elles jouent un rôle crucial dans la gestion du syndrome naviculaire en aidant à stabiliser les structures du pied et à prévenir une usure excessive.
  5. Le syndrome naviculaire est-il guérissable ? Le syndrome naviculaire peut être géré mais il est rarement complètement guérissable. La gestion à long terme, incluant des soins réguliers et un suivi vétérinaire, est essentielle pour maintenir le cheval en bonne santé.
  6. Quels rôles jouent les surfaces de travail ? Travailler sur des surfaces appropriées est crucial pour prévenir l’usure excessive et les blessures aux pieds. Des surfaces trop dures ou inégales peuvent augmenter le risque de développer le syndrome naviculaire.

 

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